Le voyage à 100000 km/h

      Le voyage à 100000 km/h

Je sais
Que mon voisin
A toujours un verre à la main
Depuis que sa femme
L'a laissé
Justement
Pour son verre à la main
Je sais
Que mon voisin du-dessus
A une femme blonde
Que ses enfants ont les yeux bleus
Qu'ils me dit toujours bonjour dans les escaliers
Qu'on l'appelle « l'arabe » ou « momo »
Je sais
Que l'hiver est là
Qu'il arrive un peu plus vite
Qu'il arrive un peu plus froid
Que des gens dorment dehors
Dans ce froid
Un peu plus froid
Un peu plus rapide
Je sais
Que je devrais allumer le moteur de ma voiture
Ce matin
Encore une fois
Aller travailler
Encore une fois
Aller sourire
Comme je peux
Encore une fois
Pour un peu d'argent
Pour un peu de sursis
Je sais
Que des sportifs gagnent des centaines de millions
Que des hommes politiques nous parlent de restrictions
Dans leur voiture avec chauffeur
Dans leur villa avec piscine
Que des hommes sales tendent la main
A la sortie des commerces pleins
A la sortie de nos banques surabondantes
A la sortie de nos c½urs vides
Je sais
Qu'il y a des guerres à quelques heures d'avion d'ici
Que des enfants sont alimentés de haine
Que des peuples entiers
N'ont même plus de rêves
N'ont même plus de Dieu
Je sais
Que nos enfants ont des jeux terribles
Qu'ils effacent
Qu'ils tuent
Qu'ils rayent
Par des clics faciles
J'ai peur
Que ces enfants devenus « grands »
N'éprouvent rien
Quand ils supprimeront
D'autres hommes
« dangereux »
A quelques heures d'avion d'ici
Je sais
Que nos cimetières sont pleins de fleurs
Que ça fait bien longtemps
Que nous n' apportons plus de fleurs
A nos mères
A nos femmes
Je sais
Que mon voisin
Et son verre à la main
Doit souvent regretter
Dans son lit
Dans l'hiver
Qui est là
Toujours plus froid
Toujours plus rapide
Les fleurs qu'il n'a pas offert
Je sais
Que la Terre
Voyage à 100000 km/h
Dans une immensité noire
Je sais que l'homme
A dans l'idée
De conquérir
Cette infinité
Je sais
Que l'homme pressé
Que l'homme véloce
A dans l'idée de jouer
A Dieu
J'ai peur
Que mon voisin du-dessus
Soit toujours « momo » ou « l'arabe »
J'ai peur que des hommes meurent
En bas de mon immeuble
J'ai peur que des guerres
Commencent ou se terminent
Par des clics
J'ai peur
Que la Terre
Dans sa course
Soit de nouveau seule
Dans cette immensité froide
Avec pourtant ce beau soleil
Avec pourtant ce beau soleil unique .
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# Posté le samedi 08 décembre 2007 14:06

DIEU RECOMMENCERA


Rester silencieux
Quand tu ôtes ta bague pour d'autres draps
Pour d'autres jambes
Quand tu ignores la guerre
Pourtant voisine
Quand tu joues au casino
Quand tu joues avec les larmes des femmes
Quand tu ne trembles pas le doigt sur la gâchette
Quand dans le stade tu deviens froid
Et animal stupide dans une foule non-voyante
Quand tu fermes ta porte blindée
Quand tu montes des murs
Des murs de plus en plus hauts
Quand tu licencies
Trop vite
Quand tu dénigres
Quand tu dis non
Trop vite aussi
Quand tu parles d'amour les yeux fermés
Quand tu préfères ton travail
A ta femme
A tes enfants et leurs sommeils perturbés
Quand tu manifestes pour quelques euros de plus
Quand tu n'éprouves rien devant une tombe
Quand tu critiques
Quand tu écrases
Quand tu ignores la Terre
Quand tu joues avec le feu
Quand tu deviens bourreau
Quand tu oublies tes jeux d'enfants
Quand tu oublies tes vieux
Quand tu travailles pour des miettes
Quand tu courbes ton dos
Tellement de fois
Quand tu deviens esclave
Quand tu jettes des pierres à la femme infidèle
Quand tu t'amuses de la misère
Pourtant si proche
En bas de ta rue
Continuer à rester silencieux
Quand tu voyages
Indifférent et sale
Quand tu gaspilles
Quand tu désires trop
Quand tu désires tout
Quand tu étales ta richesse
Alors que tu n'es rien
Alors que tu n'as rien
Quand tu humilies le faible
Quand tu gifles
Quand tu bats
Quand tu gravis la montagne
Pour être au sommet
Au sommet de quoi ?
Quand tu votes
Pour l'homme et sa femme vêtus de soie
Quand tu confies ton futur à une poudre blanche
Quand chaque jour davantage tu perds tes rêves
Quand tu pries
Quand tu te confesses
A un homme habillé de noir
Quand l'africain vient mourir devant tes immeubles de cristal
Quand la télévision te renvoie tes abandons
Quand tu favorises le sms
Quand tu retrouves ta voiture intérieur cuir
Tes couteaux en argent
Et ta bague en or
Rester silencieux
Jusqu'à quand ?
Que Dieu tourne la page
Pour une nouvelle page blanche
Avec son Amour
Ses champs de fleurs blanches
Ses champs de fleurs rouges
Ses arbres fruitiers nombreux
Son soleil unique
Le bleu propre du ciel et de la mer
Et sa folie
Qu'il recommencera
A diviser d'abord par deux.















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# Posté le samedi 08 décembre 2007 14:00